Posté le 16 janvier 2015 dans News par Evelyne Verhulsel.

Hommage

Jean-Marie Hertay, une figure de l’hygiénisme

Par Désiré Mérien

 

Né en Belgique dans la région liégeoise en octobre 1953, Jean-Marie Hertay fera de solides études : maîtrise en communication sociale, Gestalt-praticien, conseiller hygiéniste.

Dès 1974, il se lance dans l’action écologique globale en devenant secrétaire de l’association Survie Belgique, présidée par Maurice André, pionnier historique de la lutte antinucléaire. Il réalisera des synthèses sur les risques nucléaires et contribuera à l’organisation de plusieurs éditions du salon Natura Medica à Bruxelles.

Pour des raisons de protection contre la pollution nucléaire, il choisira, en 1982, de s’expatrier en France, dans le Lot. Il y restaurera une ancienne ferme pour y créer un lieu de ressourcement dénommé Harmonie vitale. Il y développera une production maraîchère biologique et vendra ses produits sur les marchés avoisinants.

Il publiera une revue trimestrielle Harmonie vitale, durant vingt ans et matérialisera ses conceptions dans des stages de santé naturelle. Acteur prudent, il qualifiait ses cures de « semi-jeûne » ou de « cure de raisin ». Il avait conservé l’habitude de les animer en Ardenne belge.

Son accompagnement reposait sur l’observation de l’énergie qui habite chaque stagiaire. Energie physique mais aussi psychique.

Il se fondait sur les compatibilités alimentaires et les paliers alimentaires, socles de l’enseignement hygiéniste. Ses stages comportaient diverses activités : chi kong, taï chi, balades, toucher corporel, chant, massages, ateliers créatifs, complétées par des exposés hygiénistes. Il était accompagné de Didier Corbion, guide nature, et Evelyne Verhulsel, sa proche assistante.

Jean-Marie nous avait informés depuis quelques années déjà de la survenue de quelques troubles gastriques. Il y apportait une attention globale systématique, en choisissant aussi des pratiques alternatives.

Malgré cela, son code génétique a décidé d’une aggravation en faisant surgir une tuméfaction gastrique. En s’amplifiant, cette maladie avait restreint ses activités durant l’année 2013. Après une lente bataille, sa santé périclitera peu à peu, jusqu’à son décès survenu en janvier 2014, tout juste à l’âge de 60 ans.

Aujourd’hui, nous voulons dire adieu à ce compagnon de lutte écologique et hygiéniste. Il préfigure ce que les humains de la seconde moitié du XXème siècle souhaitaient : changer de vie pour atteindre l’authenticité. Adieu donc, compagnon Jean-Marie, et que ton nom soit associé à la révolution intérieure que nous étions quelques-uns à rechercher au siècle précédent.

Paru dans le Biocontact de mars 2014

 

Le poème de Michel

Alors, je suis allé voir le sage

Je lui ai dit : « Toi qui sais le monde, où est Jean-Marie mon ami ? »

Il m’a regardé et m’a dit calmement : « écoute et tu sauras… »

Le lendemain, je suis allé sur mes parcs et j’ai écouté. J’ai écouté la mer et j’ai entendu le rire de Jean-Marie. Alors je suis retourné voir le sage qui sait le monde.

Je lui ai dit : « ça y est, je sais où est mon ami ! Il est dans la mer. Je l’ai écoutée et j’ai entendu le rire de Jean-Marie »

Le sage a sourit et m’a dit : « il n’est pas dans la mer, tu te trompes »

Alors, je suis reparti…

Le lendemain, je suis allé sur mes parcs et j’ai écouté. J’ai écouté le ciel et j’ai entendu le rire de Jean-Marie. Alors, je suis retourné voir le sage qui sait le monde.

Je lui ai dit : « ça y est, je sais où est mon ami ! J’avais mal écouté, il n’est pas dans la mer mais dans le ciel ! »

Le sage a soupiré et m’a dit : « il n’est pas dans le ciel, tu te trompes »

Alors je suis reparti…

Le lendemain, je suis allé sur mes parcs et j’ai écouté un vol de bernaches et j’ai entendu le rire de Jean-Marie. Mais oui, c’est ça, il est oiseau ! Je suis à nouveau retourné voir le sage qui sait le monde et je lui ai dit : « je sais, je sais, Jean-Marie est oiseau, je l’ai entendu rire avec les bernaches ! »

Le sage à levé les yeux au ciel et m’a dit :  «  il n’est pas oiseau, tu te trompes »

Alors, je suis reparti…

Le lendemain, je suis retourné sur mes parcs et j’ai entendu Jean-Marie rire dans les rochers, rire dans les algues, rire dans les crevettes, rire dans le sable. Je me suis dit :  « voilà, je sais, il est partout. » Alors, je suis retourné voir le sage qui sait le monde.

Je lui ai dit :  « merci de m’avoir aidé, toi qui sais le monde. Maintenant je sais que Jean-Marie est partout, partout où je l’ai entendu rire ! »

Le sage a fait « non » de la tête et m’a dit :  « tu te trompes encore »

Là, je l’ai regardé, les yeux ronds et je lui ai dit :  « je suis perdu, toi qui sais le monde, dis moi ce que je dois écouter… »

Alors, il a levé ses lunettes et sa petite barbe vers moi et il m’a dit :

«  je vais te le dire… Ecoute ton cœur…

Si quand tu regardes la mer tu entends ton ami rire, si quand tu écoutes le ciel tu entends ton ami rire, si quand tu vois les bernaches et que tu entends ton ami rire, c’est que son rire est en toi. Ecoute ton cœur et ton ami vivra autant que tu vivras… »

Alors je suis reparti…

Je n’ai pas tout compris… mais, je ne sais pas pourquoi, les paroles du sage m’ont fait du bien !… Maintenant, j’ai envie d’écouter le cœur des autres pour voir quels rires y habitent …

Michel 21/01/14